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Etude monographique du 0,50F Marianne de Béquet
Sa naissance, sa production, son utilisation postale

Ce site philatélique étudie le timbre 0,50F Marianne de Béquet, depuis sa conception jusqu’à son utilisation postale en passant par les différentes présentations dont il a fait l’objet.

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Généralités sur l’impression sur presse TD6
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Introduction

Dans cet article, nous allons d’abord expliquer le principe de l’impression sur presse TD6, puis la manière dont sont imprimées des feuilles de timbres sur une presse TD6. Enfin, nous présenterons les quatre types de barres phosphorescentes connus pour les Mariannes de Béquet.

Principe de l’impression sur presse TD6

Une presse taille-douce 6 couleurs (TD6) est composée de deux blocs d’impression de chacun trois couleurs, de divers éléments d’impressions complémentaires, d’un élément assurant la perforation des feuilles de timbres et d’un dispositif de sortie, soit sous forme de feuilles, soit sous forme de bobines (cf. l’article Confection des carnets).

Le premier bloc d’impression est un élément report taille-douce. Cette première impression n’aura pas de relief (elle imprime en général les aplats de couleur comme les fonds). Le cylindre cliché est gravé en creux et l’image est à l’endroit. Après encrage avec des rouleaux toucheurs découpés et essuyage, l’encre est déposée par pression, image à l’envers, sur un cylindre en matière synthétique souple de report qui, à son tour, dépose l’encre par pression à l’endroit sur le papier, comme en offset. L’impression est séchée dans un tunnel infrarouge.

La deuxième impression est en taille-douce directe. Le cylindre est donc gravé en creux, image à l’envers, pour avoir une impression de l’image à l’endroit. L’encrage est obtenu par trois rouleaux toucheurs découpés manuellement. Un essuyeur enlève l’encre en excès pour ne la laisser que dans les tailles de la gravure. Après un deuxième mouillage du papier, le cylindre cliché dépose directement son encre par pression d’un cylindre "presseur", lui-même appuyé par un cylindre de contre-pression. Cette impression est séchée à son tour et refroidie brutalement au contact de cylindres creux dans lesquels passe de l’eau froide pour créer un choc thermique.

Les timbres sont ensuite perforés par un peigne qui découpe à l’emporte-pièce les petits trous. Sur les presses TD6, le peigne est constitué de deux rangées horizontales d’aiguilles de la largeur de la feuille de timbres et de 11 rangées latérales.

principe de fonctionnement d’un peigne sur presse TD6

 

Les barres phosphorescentes (pour les tirages avec barres) sont imprimées ensuite avec de l’encre UV, séchée instantanément par un sécheur UV. Il y a eu plusieurs systèmes d’impression de ces barres, nous y reviendrons plus loin.

Les mentions de service sont imprimées en typographie avec un cylindre comportant le numéroteur, l’indicatif de la machine et le dateur.
 

schéma de principe d’une presse TD6

 

Une coupe rotative découpe chaque feuille pour les laisser se superposer sur un tapis roulant de réception où il ne reste plus qu’à les empiler par paquets de mille.

Il est toujours possible de n’utiliser qu’un seul encrier pour avoir une impression monochrome (ce qui est le cas pour le 0,50F Marianne de Béquet). Dans ce cas, le rouleau toucheur ne sera pas découpé.

Le séchage, pour éviter les mélanges de couleurs et les salissures, est une préoccupation majeure tout au long de l’impression sur presse TD6. Une presse TD6 possède un tunnel de séchage par rayonnement infrarouge et le papier passe à quatre reprises dans ce tunnel :

  • Avant l’impression : le papier subit un préchauffage pour lui faire perdre le maximum d’humidité. Cette opération, qui provoque un retrait important du papier, permet de limiter ses variations dimensionnelles au cours du séchage de l’impression report taille-douce ;
  • Après l’impression report Taille-Douce : le papier repasse dans le tunnel de séchage pour sécher les encres et éviter tout maculage et mélange des couleurs au cours de l’impression de la taille-douce directe ;
  • Après l’impression Taille-Douce directe : ce nouveau passage permet de sécher les encres de la taille-douce et, ainsi, de procéder aux dernières opérations de numérotage des feuilles, de perforage et de coupe) ;
  • Après l’impression des barres phosphorescentes.

Signalons enfin, pour terminer cette section, que les timbres une fois imprimés sont envoyés, sous forme de paquets de 1000 feuilles, à probablement une recette par département. Pour cela, l’imprimerie de Boulazac imprimait des étiquettes qui figuraient sur les paquets envoyés :
 

étiquette apparaissant sur le paquet contenant 1000 feuilles de timbres 0,50F Marianne de Béquet (avec des barres phospho)

 

Méthode d’impression des feuilles TD6

 

schéma d'impression de feuilles sur une presse TD6

Chaque tour de virole imprime 3 feuilles de 100 timbres du bas vers le haut, numérotées de 00000 (= 100 000) à 00001, séparées par un intervalle de la hauteur d'un timbre, intervalle dans lequel le massicotage des feuilles sera réalisé.

La première feuille (la feuille A) possède un repère électronique (R.E.) à gauche de la case 91 (rappelons que le R.E. est gravé manuellement directement sur la virole en taille-douce 6 couleurs pour permettre le repérage électronique de la seconde impression et du perforage après lecture optique. Étant gravés à la main, ils ont des formes différentes et sont à des emplacements différents les uns des autres par rapport aux timbres. C'est ce qui permet aux philatélistes de les décrire et de les étudier). La feuille B n'a rien et la feuille C a deux traits fins rouges sous la case 100 (pour quelques tirages, les deux traits sont situés à gauche ; pour d'autres tirages, les deux traits sont non encrés. Ces informations seront fournies dans la section sur la description des tirages).

Sur les figures qui suivent, on montre trois bas de feuille imprimés par un tour de virole (numéros se suivant). On peut voir les deux traits du cylindre AG sur le bas de feuille 10913 et le repère électronique du même cylindre sur le bas de feuille 10911.

Bas de feuille numéroté 10913 réalisé sur le cylindre AG. Au survol de cette image avec la souris, on fait apparaître un agrandissement du coin droit de la feuille montrant les deux traits fins du cylindre AG.

Bas de feuille numéroté 10912 réalisé sur le cylindre AG. Ce bas de feuille ne possède aucune marque particulière.

Bas de feuille numéroté 10911 réalisé sur le cylindre AG. Au survol de cette image avec la souris, on fait apparaître un agrandissement du coin gauche de la feuille montrant le repère électronique du cylindre AG.

caractérisation d’un cylindre par ses deux traits

Les philatélistes ont l'habitude (cf. les brochures de la SOCOCODAMI notamment) de décrire les tirages grâce aux cylindres imprimant les timbres et de caractériser ces cylindres à l'aide des deux traits apparaissant dans l'angle inférieur droit d'une feuille sur trois. Nous voudrions rappeler ici comment sont caractérisés ces cylindres.

Les deux traits sont appelés respectivement S (pour Supérieur) et I (pour Inférieur) et sont définis par les distances en millimètres entre chacun de ces traits et le bas du timbre situé juste au dessus (cf. l'image ci-contre). Par exemple, le cylindre T est décrit ainsi sur la brochure de la SOCOCODAMI sur les Béquet :

S = 4 3/4, I = 5 3/4, traits courts à droite.

Le numéro comptable est situé sous la case 91, le numéro de presse TD6-x sous la case 95, 96 ou 97 et la date d'impression sous la case 100.

Une feuille de 100 timbres mesure environ 285 mm de haut et 230 mm de large. Les marges latérales sont blanches et non dentelées, les marges haut et bas blanches et dentelées verticalement.

Les barres phosphorescentes

La luminescence est la propriété qu’ont certaines substances de restituer sous forme de photons une partie de l’énergie absorbée au cours d’une excitation d’un certain type (électrique, chimique, mécanique, lumineuse, ...). Fluorescence et phosphorescence sont deux formes différentes de la luminescence : pour la fluorescence, l’émission de photons est visible tant que la source d’énergie absorbée est active. Pour la phosphorescence, le rayonnement persiste durant quelques secondes après l’extinction de la source d’énergie, phénomène que l’on appelle la rémanence.

Les barres phosphorescentes utilisées pour les timbres en France correspondent à la définition donnée ci-dessus, la lumière ultra-violette étant utilisée comme source d’énergie d’excitation, comme le montre une note de la Direction Générale des Postes de 1973 :

Il est incorporé dans l’encre un pigment phosphorescent quasi incolore en lumière naturelle qui a la particularité d’émettre une lumière jaune-vert lorsqu’il est éclairé en lumière ultra-violette. De plus, après arrêt de l’excitation par la lumière ultra-violette, le produit émet encore pendant quelques secondes cette lumière jaune-vert de luminescence.

Ces barres sont imprimées par surimpression en typographie ou en flexographie.

A la suite des recherches de J.J. Rabineau, quatre types de barres phosphorescentes, dénotées A, B, C et D, ont été définis pour les premières émissions de timbres avec barres (d’autres types de barres phosphorescentes apparaîtront après la disparition des Mariannes de Béquet et ne seront pas évoqués ici). Voici la caractérisation de chacun de ces types de barres (les images proviennent du site LES BARRES PHOSPHORESCENTES ET LEURS VARIETES) :

le type A

  • encre visqueuse et épaisse, mate à l’œil nu, très peu visible à la lumière du jour ;
  • les barres, qui apparaissent homogènes sous UV, sont imprimées en typographie (à l’aide d’un cliché métallique recouvert de bronze tourné pour les bandes en relief et fraisé pour couper les bandes) et séchées naturellement.
barre phosphorescente au type A sous U.V. à gauche, grossie 60 fois à droite

 

le type B

  • encre fluide (diluée à l’alcool) mate, très peu visible à la lumière du jour ;
  • les barres, qui ont des cernes périphériques et sont plus ou moins creuses et très hétérogènes sous UV, sont imprimées en flexographie à l’aide d’un cliché métallique recouvert de matière plastique et séchées par infrarouge.
barre phosphorescente au type B sous U.V. à gauche, grossie 60 fois à droite

 

le type C

  • encre visqueuse et épaisse, pâteuse à l’œil nu, brillante en lumière rasante ;
  • les barres, qui sont assez hétérogènes sous UV, avec des cernes périphériques plus ou moins larges, sont imprimées en typographie à l’aide d’un cliché en caoutchouc ou en plastique et séchées par ultra-violet.
barre phosphorescente au type C sous U.V. à gauche, grossie 60 fois à droite

 

le type D

  • encre visqueuse et épaisse, légèrement brillante à l’œil nu et en lumière rasante, très visible à la lumière du jour ;
  • les barres, qui ont un léger cerne périphérique sous UV avec aspect pointillé plus ou moins prononcé, sont imprimées en typographie à l’aide d’un cliché métallique et séchées par infrarouge.
barre phosphorescente au type D sous U.V. à gauche, grossie 60 fois à droite

 

Le timbre 0,50F Marianne de Béquet a une largeur de 20 mmm et une hauteur de 26 mm : la figurine a une largeur de 17 mm et une hauteur de 22,5 mm, ce qui laisse une marge de 1,5 mm sur les côtés. La largeur des barres phosphorescentes est de 3 mm et leur hauteur de 22 mm.
 


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